 | | Détail de l'hexagone en guingois... |
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22 oct. 2009
Les travers d'une restauration
La restauration de l’Atomium a manqué un tantinet de précision. Une des neuf boules a perdu sa perfection mathématique.
"Si l’on regarde vers le bas depuis le restaurant de la boule supérieure, on découvre une sphère couverte de plaques éhontément posées n’importe comment", explique le mathématicien Dirk Huylebrouck dans un article qui paraîtra dans le prochain numéro d’Eos Sciences, en librairie le jeudi 29 octobre prochain.
L’Atomium est composé de 48 panneaux triangulaires, délimités par neuf grandes bandes circulaires. A l’endroit où deux d’entre elles se recoupent, cela forme des carrés, des hexagones ou des octogones. Avant la restauration de 2004-2006, les polyèdres étaient joliment réguliers et les grands cercles parfaitement construits à partir de bandes rectangulaires. Mais actuellement, l’un des hexagones est nettement irrégulier et les bandes rectangulaires posées en direction de l’hexagone sont manifestement de biais: ce sont devenus des trapèzes. Pire: la boule semble ne même pas se situer avec précision dans l’axe du tube. Cette boule erronée était-elle la première à avoir subi les travaux et était-elle en quelque sorte une "sphère test" pour la restauration? Où s’agit-il d’une malfaçon de la structure de base?
Et ce n’est pas tout. L’Atomium ne miroite plus comme avant: depuis la restauration, son reflet ressemble à celui des miroirs de foire. La cause du problème réside peut-être dans le fait que les plaques en aluminium spécial mais impayable ont été remplacées par des panneaux en inox poli. Si, dans le temps, chacun des quarante-huit grands triangles se composait de quinze panneaux plus petits, assemblés à la main comme les pièces d’un puzzle, l’on opte, lors des rénovations, pour quarante-huit grandes plaques en inox poli, que l’on peut poser d’une pièce sur la structure. Pour assurer à l’ensemble un aspect «original», l’on a appliqué de manière artificielle la subdivision d’origine en petits panneaux, en imprimant aux plaques en inox le motif de contours de quinze triangles plus petits, suite à quoi on a aspergé ces "plis" dans l’inox d’une couche de silicone. La pose et les différences de température ont fait dilater l’inox, ce qui donne toute sorte d’irrégularités. Cela n’était pas le cas précédemment, car les joints réels entre les panneaux compensaient ces dilatations. Aujourd’hui, les sphères sont devenues des surfaces rondes, boursouflées et bosselées le long des faux joints.
Vous trouverez le dernier numéro d’Eos Sciences en librairie dès le jeudi 29 octobre 2009.
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