23 oct. 2009

"Ida" n’est pas un chaînon manquant



Le fossile de primate surnommé Ida, qui a bénéficié de pas mal d’attention médiatique cette année, ne serait pas le chaînon manquant entre les ancêtres des lémuriens et ceux des grands singes et des hommes.

Voilà ce qu’écrivent des paléontologistes américains de la Stony Brook University cette semaine dans Nature. L’article traite de leur analyse d’un autre fossile de primate (Afradapis longicristatus) qui a vécu il y a 37 millions d’années au nord de l’Egypte. Celui-ci serait fort apparenté au Darwinius masillae, ce fossile de primate baptisé "Ida" - âgé lui de 47 millions d’années - et qui a été placé sous le feu des projecteurs en mai dernier.

Lors de sa présentation officielle, le paléontologiste norvégien Jorn Hurum avait suggéré qu’Ida serait le chaînon manquant dans l’évolution de l’homme, à l’époque de la séparation entre les hominoïdes (ancêtres des chimpanzés, du gorille et de l’homme) et des primates strepsirrhiniens (ancêtres des lémuriens et des loris). Mais selon Erik Seiffert,  auteur en chef de l’étude, le fossile Ida n’a rien en commun avec la lignée dont nous sommes issus. Il appartiendrait à un sous-d’adapiformes qui n’ont pas laissé de descendants. Anatomiquement, ce groupe se rapprocherait bien plus à celui des lémuriens et des loris, qu’au groupe ayant donné naissance à l’homme.

Le débat scientifique qui a lieu autour d’Ida n’est pas terminé. Jorn Hurum a déclaré à la BBC que tant Ida que le nouveau fossile montrent des ressemblances frappantes avec les hominoïdes. Erik Seiffert a avoué que c’est en effet le cas, mais les voit plutôt comme des exemples d’une "évolution convergente": des caractéristiques qui se ressemblent mais qui sont nées indépendamment les unes des autres dans des branches différentes de l’arbre généalogique de la vie, par exemple suite à une même pression évolutionniste.

 

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