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12 mars 2010
Nous sommes plus microbe que homme
Nonante-neuf pour cent de la totalité du matériel génétique dont nous sommes porteurs est originaire des bactéries qui vivent en masse dans notre tube digestif, selon une nouvelle étude parue dans Nature.
L’analyse la plus importante jamais réalisée de la quasi totalité des gènes des bactéries hébergées par notre tube digestif - le métagénome de l’intestin - montre que l’intestin humain abrite 1.150 différentes sortes de bactéries, dont bon nombre sont encore parfaitement inconnues de la science. Notre corps tout entier abrite 100.000 milliards de bactéries, soit dix fois plus que la totalité des cellules humaines.
L’étude indique également que notre flore intestinale – qui transforme la nourriture en énergie et nous protège contre des agressions d’agents pathogènes – est composée de deux parties. Un noyau qui est pareil chez tout le monde et qui garantit le bon fonctionnement des intestins, et le reste qui diffère d’un humain à l’autre. Et c’est exactement cette part variable qui intéresse les chercheurs, car ils espèrent y trouver une explication pour le fait que certaines personnes souffrent de maladies intestinales ou présentent une disposition à l’obésité. Des études antérieures ont déjà prouvé un lien manifeste entre une flore intestinale déséquilibrée et des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin comme la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse.
Ces recherches pourraient déboucher sur des tests de diagnostic et des pronostics. "A l’avenir, on entrevoit la possibilité de modifier la flore pour améliorer la santé et le bien-être. Cela ouvre la possibilité d’une prévention par l’alimentation et de traitements plus appropriés, adaptés à chacun selon sa flore et ses prédispositions génétiques", ajoute le chercheur.
Ce gigantesque travail est unique en son genre, car jamais une étude n’a analysé autant de matériel génétique. L’ADN de la totalité de la flore intestinale – le ‘métagénome des intestins – a été établi chez 124 sujets représentatifs des populations nordiques et méditerranéennes. Ceci a rapporté 576,6 milliards de lettres du code génétique, soit 55 fois le nombre de lettres composant l’entièreté de Wikipedia.
Ce séquençage de 85 % des gènes de la flore intestinale réalisé par un consortium international (dont la VUB) et coordonné par l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) est publié dans l’édition de jeudi de la revue scientifique britannique Nature. (ev, afp)
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